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Vers l’égalité hommes/femmes en école d’ingénieur.e.s !

En France, moins d’un tiers des étudiants en ingénierie sont des femmes. Les écoles d’ingénieur veulent augmenter la mixité de genre et sont à l’œuvre pour approcher la parité, à coup de campagnes de recrutement et d’opérations de sensibilisation. L’enjeu est important : favoriser l’égalité dans les professions de l’ingénierie pour répondre aux problématiques d’un monde pluriel.

Crédits : Unslpash

La parité dans l’enseignement supérieur

Le taux de jeunes femmes diplômées de l’enseignement supérieur est plus élevé que celui des jeunes hommes (54 % contre 43 %). En revanche, elles sont minoritaires dans certaines filières : 28,9 % de femmes en école d’ingénieur contre 86% dans les formations paramédicales et sociales. Quant à la stabilité de leur emploi et leurs conditions d’insertion, elles sont moins favorables que celles des hommes. 

Pour quelles raisons les femmes sont-elles si peu nombreuses dans les écoles d’ingénieur ? 

La rareté des figures féminines dans le domaine de la science et de la technologie

Cet état de fait pourrait s’expliquer par la faible représentativité des femmes dans les professions scientifiques et technologiques, ainsi que dans les médias. La projection ou l’identification ne se ferait donc pas. En effet, les enfants imitent, se projettent bien souvent en fonction des modèles de leur sexe. Or, les modèles féminins dans le domaine des sciences ou de la technologie sont plus rares et moins médiatisés.  

Les stéréotypes liés au genre ont la dent dure

Dans la société, on parle encore de métiers de femmes ou de métiers d’hommes. De la même manière, les spécialités proposées dans les écoles d’ingénieurs et certaines disciplines sont associées à des domaines masculins ou féminins. La mécanique est masculine, quand la biologie est féminine, par exemple. Ces stéréotypes introduits, pour certains, dès l’enfance influent sur nos choix futurs, notamment les choix d’orientation.

Quelles sont les conséquences de la faible présence des femmes en ingénierie ? 

Les écoles d’ingénieur veulent donner à toutes et à tous l’opportunité de choisir leur avenir. L’égalité est un principe de droit. 

Lorsqu’une population professionnelle est peu diversifiée, elle est évidemment moins égalitaire. Or, la mixité des compétences, des cultures, des générations et des sexes permet de faire émerger des idées différentes et plurielles, donc de favoriser ce principe égalitaire. 

Les écoles d’ingénieurs ont à cœur de former des professionnels attentifs aux attentes et besoins des individus quels qu’ils soient. Le cœur du travail des ingénieurs est toujours l’innovation, mais celle-ci doit désormais être responsable. 

femme devant un ordinateur

On parle beaucoup d’innovation « by design », de « design thinking » ou encore de « design empathique ». Il s’agit d’une approche de conception basée sur l’utilisateur, ses pratiques et ses besoins. 

Pour qu’une solution réponde à l’ensemble ou à une partie de la population, chaque échantillon de la société doit être représenté parmi les professionnels qui la conçoivent. L’ingénierie ne se limite pas à la recherche scientifique et à la conception technologique, elle répond aux grands enjeux de notre monde et celui-ci est absolument pluriel. 

Citons l’exemple de l’intelligence artificielle. Le manque de données liées aux femmes et/ou de tests effectués sur des femmes peut engendrer la création d’« algorithmes misogynes ». N’ayant pas de « conscientisation », l’IA n’est pas coupable mais bien victime des biais sociétaux qui l’alimentent.

L’innovation n’a rien de figé, elle s’alimente des évolutions scientifiques, technologiques, environnementales, économiques et sociétales. D’où l’intérêt qu’une grande diversité de profils y prennent part

« Il se trouve autant de différences de nous à nous-même que de nous à autrui. »

Michel de Montaigne

De nombreuses actions dédiées à la promotion de l’ingénierie auprès des femmes

Ces dernières années, le secteur des sciences et des technologies multiplie les initiatives pour promouvoir et encourager la mixité hommes/femmes, en voici quelques-unes.

La journée internationale des femmes et des filles de science

L’Assemblée générale des Nations Unies a adopté en 2015 la résolution 70/212, en instaurant la Journée internationale des femmes et des filles de science (le 11 février). Son but est de sensibiliser la population à la nécessité d’inclure les femmes dans le domaine de la science.

Des sites web dédiés aux femmes ingénieures 

Citons par exemple https://www.femmes-ingenieures.org qui a pour mission de promouvoir les métiers de l’ingénierie auprès des jeunes femmes, de valoriser les professionnelles et d’assurer leur place dans les conseils d’administration.

Ou encore www.ingenieuses.fr, qui lutte contre les stéréotypes de genre et favorise l’orientation des femmes vers les carrières technologiques et scientifiques.

Des propositions pour les candidat.es à la présidentielle

Avant la dernière élection, les associations Femmes et MathématiquesFemmes & Sciences et Femmes Ingénieures ont élaboré 26 propositions concrètes pour augmenter la mixité dans les entreprises, universités et centres de recherches scientifiques et techniques.

Des réseaux et des salons pour encourager les femmes 

  • Women in Tech
  • Girls in Tech
  • StartHer
  • Meet up Paris 
  • Data Ladies
  • Pink Innov’
  • Le collectif Sista

Des trophées et des challenges

Citons par exemple le Trophée de l’Egalité 2020 d’Elles Bougent, dans la Catégorie Entreprise – Territoire International.

Le Portfolio Histoires de Femmes Ingénieures a remporté le prix. Il s’agit d’interviews de consultantes-ingénieures ALTEN en France et à l’international pour mettre en lumière leur parcours et leur expertise métier (Spatial, Naval de défense, Aéronautique, Automobile, Télécoms, IT, Sciences de la vie…) 

Comment faire pour développer la mixité dans les écoles d’ingénieur ? 

La démarche doit commencer bien avant le choix d’orientation en études supérieures. Avant cela, il est urgent et important de systématiser et d’amplifier (via des moyens financiers et humains) la promotion des activités technologiques et scientifiques auprès des petites filles dès l’école primaire, ainsi qu’au collège et au lycée : 

  • En faisant intervenir des femmes de la profession dans les établissements scolaires
  • En mettant en avant des innovations créées par des femmes
  • En travaillant sur la notion de biais et de stéréotypes dès le plus jeune âge
  • En favorisant les projets mixtes autour de sujets scientifiques et technologiques
  • En sensibilisant les enseignants de tous les niveaux à cette problématique…

Dès le lycée, pour encourager les jeunes femmes à choisir ces disciplines, il est important de mettre en lumière les carrières féminines, le fort taux d’employabilité, et de sensibiliser aux enjeux de mixité et de diversité.

Les écoles d’ingénieurs sont déjà impliquées dans cette démarche :

  • Meilleure représentation dans les communications à propos de la place des femmes dans l’ingénierie
  • Promotions des réussites féminines en ingénierie
  • Témoignages de femmes ingénieures
  • Multiplication des challenges féminins en ingénierie… 

Le monde de l’entreprise a lui aussi sa carte à jouer pour encourager les carrières féminines dans le domaine de l’ingénierie et favoriser la projection : 

  • Recruter en pensant aux candidates
  • Répondre aux attentes des femmes autant qu’à celles des hommes 
  • Féminiser les équipes dès le départ 
  • Garantir l’équité et l’égalité (congés maternité, congés parentaux, salaire, fonction, responsabilités…)

Ces femmes qui font bouger les lignes de l’ingénierie

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Crédits : Unsplash

Même si elles sont peu nombreuses et peu médiatisées, les femmes ingénieures prennent part à l’innovation et participent aux révolutions en cours, qu’il s’agisse de technologie ou de sciences. 

Aude Guo – cofondatrice de « InnovaFeed »


Ingénieure de formation, elle a cofondé Inovafeed en 2016, entreprise spécialisée dans les protéines d’insectes pour réduire l’empreinte carbone de l’alimentation. Ce projet lui a valu son entrée en 2021 dans le classement de Bercy des 120 start-up françaises les plus prometteuses. Elle a également été nommée au « board impact » du Next 40/French Tech 120, qui regroupe des associations, des investisseurs et des entrepreneurs chargés d’avancer sur les questions de diversité et de mixité dans la tech.

Sophie Cahen – co-fondatrice & CEO de « Ganymed Robotics »


Créée en 2018, sa start-up développe des technologies robotiques augmentées pour les chirurgiens orthopédistes. Le système (combinaison d’algorithmes de vision par ordinateur et de mécatronique) guide le geste du chirurgien, afin qu’il soit le plus précis et le moins invasif possible. Sophie Cahen est également lauréate du concours d’innovation I-LAB en 2019.

Aurore Saintigny (Calinescence), fondatrice « Calinescence »

Nommée aux Trophées des femmes de l’industrie 2021 de L’Usine Nouvelle, Aurore Saintigny a reçu le prix de la Femme de l’innovation 2021. Après 20 ans d’ingénierie dans l’automobile, elle a créé Calinescence, qui facilite le maintien du lien entre un enfant hospitalisé et ses parents.

Le secteur de la technologie et des sciences a plus que jamais besoin de compétences, de profils et de sensibilités plurielles pour répondre à tous les défis. 

Le développement du rôle et de la place des femmes dans l’ingénierie est un accélérateur d’innovation et le garant d’une société équitable et vertueuse. La mixité est assurément un vecteur de performance.